Culture

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  1. Tribu Ait Aatta
  2. Assou Oubaslam (Le Hero des Ait-Atta)
  3. Bataille de Saghro (Une epopee de la resistance d’ait atta contre l’occupation)

TRIBU AIT-ATTA

Ait- Atta Origines Et Emplacement

La tribu Ait Atta est la plus grande et remarquable au Sud du maroc. Les Ait ATTA sont territorialement répandus dans des groupes discontinus sur trois provinces, ceux de Bni Mallal au Maroc central; ceux de Ouarzazate et Ksar Souk (officiellement Errachidia ) dans les parties du sud-centrales et du sud-est du pays. Bien que la langue nationale du Maroc soit l’Arabe; les ait Atta parlent le Tamazight.

Ait-Atta Origines

Les traditions d’origine de d’ait Atta, aussi bien que qu’on connaît de leur histoire, ont d’importance pour une compréhension de leur identité.Le personnage clé des ait atta est Dadda ‘Atta’ ou le Grand-père ‘Atta’, que tous les Attaouis considère comme leur ancêtre commun et qu’ils soutiennent comme un parangon des vertus viriles, bien qu’aucun d’eux n’a vraiment de traces des liaisons généalogiques réelles. Il n’y a cependant, aucun doute qu’il était une véritable figure historique, le tombeau de DADA ATTA se trouve à Taqqat n-lliktawen, 25 kilomètres au nord de Tagunit dans la Vallée Supérieure DRA province de ZAGOURA.

Dada atta a été tué dans la bataille contre les Arabes dans une période non datée avec exactitude, mais la tradition le joint aussi à deux saints importants, Mulay Abdallah ben Hsain, qui est mort entre 1566 et 1592, avait croisé dada Atta, quand il avait visité la Zawiya Amghariyin à Tamsluht, 20 kilomètres au sud-ouest du Marrakech , mais aussi sidi Ahansal, le fondateur de la Zawiya Ahansal dans le Haut Atlas avait rencontré dada Atta, probablement au dernier quatorzième siècle.

Les Ait Atta ont été remarqués par leur courage et leur resistance à la colonisation (à lire l’article « Bataille de Sahgrou »). ils ont su gardé leur langue, coutumes et traditions malgré une arabisation et une occidentalisation de plus en plus pressante.

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ASSOU OUBASLAM (Le Hero des Ait-Atta)

Assou oubaslam naquit en 1890 dans les montagnes du Saghro, au sein de la grande tribu berbère des Aït Atta. Son père, Ali U-Ba Slam, s’était sédentarisé et il était devenu le chef de son clan, amghar n tmazirt, des Illushan. Dès sa jeunesse, Assu se signala par son intelligence et son sérieux, ainsi que son habilité à faire du commence.

C’est donc tout naturellement qu’il devint à son tour amghar; en 1919 ou quelques temps après. Il était hostile à la présence des français au Maroc et, en prévision d’une guerre contre eux, il acquit, en contrebande , un stock important d’armes à feu. Les hommes du maréchal Lyautey n’avaient pas encore fait mains basse sur le pays ‘atta mais ils disposaient d’agent locaux qui leur étaient dévoués, tel Haj Thami el Glawi, un des grands caïds de l’Atlas occidental.

En 1918, celui-ci avait même mené une campagne dans la vallée de todgha pour intimider les Aït ‘atta et, en 1920, sur l’injonction des français,il entreprit une opération de pacification. Il soumit une partie du pays ‘atta et il nomma un de ses alliés chef des populations vainces. Son autorité devait s’é tendre plus tards sur d’autres régions du Maroc, mais il demeura partout d’importantes poches de résistance aux Français et au Glawi.

Assou fut du nombre des premiers résistants et quand la plupart des clans voisins firent soumission, il continua seul la lutte, faisant de sa place forte, Taghiya n Illusham, une citadelle de la résistance et un point de ralliement des Berbères hostiles à la conquête colonial. Ces mêmes Berbères devaient l’élire, en 1932, amghar n ufella, chef suprême, et le chargèrent de diriger la lutte. De l’Adrar n saghro, la montagne de Saghro; ‘Assu et ses hommes harcelèrent les fidèles du Glawi qui, ne pouvant les déloger, appelèrent les Français à l’aide.

Ceux-ci réunirent une forte armée et décidèrent d’en finir avec la résistance des Aït Atta. Le 21 février 1933, deux colonnes partirent à l’assaut du massif du Bû Gafr: l’une, partie de l’est, était commandée par le général Giraud, l’autre, partie de l’ouest, était sous la responsabilité du général Catroux. Avant d’engager la bataille, les deux officies proposèrent à ‘Assu de se rendre. Il refusa et la guerre commença.

Les troupes françaises, grossies des forcer berbères fournies par les clans soumis, étaient estimées à 82.000 hommes avec, en plus, une escadrille de quarante quatre avions, partie de Ouarzazate.Les troupe de ‘Assu, elles, ne réunissaient que 12.000 guerriers, auxquels se joignirent des centaines de femmes et d’enfants, ce qui faisait un total de 70.000 personnes. Les premiers assauts de l’ennemi furent repoussés avec succès. Dès que les Français et leurs alliés arrivaient à la portée des fusils, les Aït ‘Atta tiraient. Les femmes et les enfants les accueillaient, eux, par une volée de pierres qui faisaient autant de victimes que les balles. Mais les troupe françaises, soutenues par l’aviation, parvinrent à soumettre les résistants à un tir d’artillerie ininterrompu. Des appels à la reddition furent lançés par les officiers français mais ‘Assu les rejeta.

La résistance de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants, qui se savaient pourtant perdus, força l’admiration des Français et le général Spillman, dans ses mémoires, éprouva des scrupules à mettre en pièce ces résistants qui préféraient mourir plutôt que de se rendre. ‘Assu, pour éviter à son peuple l’extermination, finit par accepter le principe de la négociation. Le 25 mars, il descendit de la montagne avec ses hommes et déposa les armes. Il était prêt à arrêter la guerre si les Français acceptaient ses conditions. Le général Huré qui avait assisté à la scéne, exprima, dans ses souvenirs, son admiration pour ‘Assu et ses hommes qui, même dans la défaite, restaient dignes et fiers.

Assou exigea que l’autorité du Glawi, acquis aux Français, ne s’étende pas au Saghro et il obtint l’assurance que le droit coutumier des Aït ‘Atta (en berbère azref) sera observé. L’attachement au droit coutumier berbère n’empêchait pas ‘Assu d’être un bon musulman et même un homme très religieux. Il avait une telle influence sur ses hommes que les Français, pour éviter qu’il reprenne les armes contre, eux acceptèrent ses conditions. Il le nommèrent même chef de son clan et plus tard, il assuma des charges de magistrat au sein de la cour d’appel de Ighram Amazdar.

En 1939, Assou fut nommé également caïd et garda cette fonction jusqu’à sa mort.رحمه الله En effet, aprés l’indépendance du Maroc, en 1956,il fut confirmé dans ses fonctions alors que les caïds, qui s’étaient compromis avec l’administration colonial, avaient été relevés de leurs fonctions.’Assu s’insurgea contre la suppression du droit coutumier berbère par les autorités marocains et continua à l’appliquer dans sa régions. L’administration, craignant qu’il se révolte, ferma les yeux sur ses agissements. Le 16 avril 1960, il succomba à la maladie. Il fut inhumé dans son village natal de Taghiya. Son fils ainé, ‘Ali n Lhadj, fut nommé caïd, à la demande des Aït ‘Atta et garda la charge jusqu’à sa retraite en 1974, son propre fils lui sucéda.

تحياتي لزعماء أيت عطا الأشراف

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BATAILLE DE SAGHRO

(Une epopee de la resistance d’ait atta contre l’occupation)

Tiré de l’ouvrage du colonel L. Voinot :

Ces deux inscriptions ornent la stèle érigée sur la piste du Saghro, aux environs d’Isk-n’Aït Yazza. La première, qui constitue la dédidace, occupe l’une des faces de la pyramide; la seconde se trouve au milieu du socle. Le monument ne vise de façon directe que la campagne du Saghro; mais celle-ci est liée à l’action antérieure dans les vallées du Dadès et du Todgha, action dont elle découle.

Au temps où les Glaoua doivent assurer, par leurs propres moyens, la police des territoires situés au-delà du Haut-Atlas, le Résident leur prescrit de faire une diversion à l’ouest du Ziz, pour aider la colonne du général Poeymirau qui marche contre les rebelles de cette vallée.

Le Pacha El Hadj Thami rassemble donc une dizaine de milliers de partisans à Marrakech, mais les chutes de neige retardent son départ. La Harka peut franchir la montagne, vers le milieu de janvier 1919 : le 18, elle est au Dadès et, le 22, au Todgha, El Hadj Thami livre plusieurs combats; il pacifie et organise les populations, puis réussit à entrer en liaison, le 29, avec le colonel Mayade, qui a remplacé le général Pœymirau atteint d’une blessure grave.

L’effet désiré est obtenu. Les Glaoua ont, en outre, affirmé leur autorité dans les tribus lointaines de leur commandement. Celles-ci sont ensuite travaillées par un agitateur xénophobe. Une nouvelle harka va rétablir l’ordre au Dadès et au Todgha, en juillet-août 1920; son chef use de la force envers les récalcitrants.

Après avoir atteint Bou-Malem sur le Dadès, on active la progression vers l’Est dans le vaste couloir entre l’Atlas et la ride montagneuse du Sud. Le but poursuivi a une grande importance, il s’agit, en effet, de donner le plus tôt possible la main aux troupes des confins, de manière à ouvrir la rocade Ouarzazate – Ksar Es-Souk.

Le prochain bond est prévu à limiter, que le lieutenant-colonel Chardon ve reconnaître, le 3 avril, le maréchal Franchet-d’Esprey et le général Huré, commandant la région de Marrakech, visitent également ce point quelques jours plus tard. L’occupation a lieu, pacifiquement, le 3 mai, le poste est aménagé aussitôt. Puis, le 28 juillet, on parvient à installer une garde fixe de partisans dans le djebel Saghro, à Tagoudilt-n’Aït Bou Daoud; dès le lendemain, ces auxiliaires perdent un tué au cours d’un échange de coups de feu avec des rôdeurs.

Au mois d’octobre, le Commandement fait hâter la construction de la piste se dirigeant vers le Todgha; celle-ci a été entreprise au lendemain de l’arrivée à Imter. Pour assurer la protection du chantier, des partisans s’établissent au Foum El Khous-n’Tazout, le 21. A ce moment, les pillards se montrent très entreprenants; ils exécutent, à plusieurs reprises, des coups de main contre les tirailleurs employés aux travaux. Le Sagho est devenu le refuge des rôdeurs, qui circulent en bordure de la zone soumise; des Djemaâs protestent néanmoins de leurs bons sentiments à l’égard du Makhzen.

Malgré les inconvénients résultant de l’insécurité, le général Catroux, chef de la région de Marrakech, se trouve bientôt en mesure de marcher sur le Todgha.

Le groupe mobile comprend six bataillons, deux escadrons, quatre batteries, un goum, cinq cent partisans, il doit faire l’opération en deux temps. Le 14 novembre, Catroux réalise le premier bond; il part d’Imiter et campe sur la position intermédiaire de Foum El Khous, où les troupes stationnent jusqu’au 18. Ce jour-là, la colonne gagne la ligne du Bast-Todgha; elle occupe sans coup férir le ksar de Tinghir, que la piste atteint presque de suite. A partir du 22, tous les ksars demande 11nt l’Aman; en prévision de la venue des Français, les habitants avaient expulsé, quelques jours auparavant, les dissidents étrangers réfugiés dans le district. Du fait de la nouvelle avance, les éléments de Marrakech ne sont plus séparés de ceux des confins que par une faible coupure.

Aussitôt maître du Todgha, le général organise le pays, en accord avec les chefs Glaoua. Le 19 novembre, il procède à l’occupation de Taria et des Aït-Ouaritane; le seul président consiste en une escarmouche des partisans avec les gens de Tizgui. Le Dejemaâ des Aït Fersi, une tribu ayant son habitat au Sud, sur l’Oued Ichem, vient se présenter à Tinghir. Des reconnaissances circulent aux environs : l’une d’elles atteint sans difficulté le Ras-Staf, à moins de dix kilomètres du Ferkla.

Puis Catroux reconnaît à son tour le Ras-Staf en automobile, le 16 décembre. Une vingtaine de jours plus tard, le 5 janvier 1932, un groupe s’avance jusqu’à Bou-Tara, vers la pointe nord-ouest du djebel Tisdafine dont l’autre extrémité est proche du Ras-Staf.

La jonction

A quelque temps de là, les forces de Marrakech et des confins réalisent leur jonction, le 11 février, le jour où les dernières s’emparent du Ferkla. Un détachement venant de l’Ouest, sous les ordres du colonel François, aide à encercler l’oasis, il reste ensuite quarante-huit heures à la disposition du général Giraud pour l’opération d’Ifegh.

La grande voie de communication Ouarzazate – Ksar Es-Souk se trouve désormais en entier sous notre contrôle, mais l’insécurité astreint à une sévère discipline de la circulation. Les attentats sont fréquents, en particulier contre les isolés. Environ 350 fusils Aït Moghrad et Aït Hadidou opèrent au Todgha, au milieu de mars; le 13, ils attaquent le ksar Aït-Izdeg. Les partisans repoussent les agresseurs en leur infligeant des pertes; ils ont eux-mêmes deux tués.Les unités stationnant dans la région montrent beaucoup d’activité. Les 7 et 8 avril, elles effectuent deux nouvelles liaisons avec les troupes des confins, en direction du djebel Tisdafine. Le 13, le commandant du territoire, le lieutenant-colonel Chardon, pousse sans incidents jusqu’au Tizi-n’Ifegh. Puis, le 18 mai, un groupe d’éléments légers atteint les Aït El Fersi, dans une vallée tributaire du Todgha, sur la piste du Ferkla; la population affirme son loyalisme. Enfin, le 20 une reconnaissance circule dans la Haut-Todgha et arrive à Zaouia Sidi Abdellali; elle reçoit partout le meilleur accueil. Sur ces entrefaites, des Aït Ouallal, Aït Ourir, Ilemchane se présentent à la Kelaâ des Mgouna; ils manifestent l’intention de s’unir pour mettre obstacle au développement des influences hostiles au Tazzarine. D’autres Ilemchane font une démarche analogue à Zagora. Notre action pacificatrice obtient peu à peu des résultats intéressants.

Mais les rôdeurs poursuivent leurs exploits. Dans le courant de juin, la chasse aux bandits oblige à des mouvements incessants.

Le 8 septembre, un djich exécute une violente attaque contre la fezza de Tinghir; il est rejeté avec pertes. Nous avons deux goumiers tués et six blessés. Pourtant, la surveillance imposée aux forces irrégulières n’empêche pas celles-ci de prendre part aux opérations. Vers la fin de novembre, 250 partisans de Bou-Malem se rassemblent à Tagoudit n’Aït Bou Daoud, au sud de la piste conduisant à Imiter : leur mission est de couvrir le groupe mobile marchant sur le Tazzarine.

Un goum et 260 partisans de Tinghir occupent, dans le même but, une position à l’Est du Tizi-n’Boujou. En décembre, des dissidents s’établissent au col de Tinezrai, dans le djebel Hamdoun, à une dizaine de kilomètres au Nord de Tinghir; canonés par le poste, puis contre-attaqués au cours de l’après-midi, ils sont mis en déroute. Nous perdons 2 supplétifs tués et 3 blessés.

Hostilites

Par ailleurs, les nombreux irréductibles retirés au Saghro ne manquent aucune occasion de manifester leur hostilité; ils adressent des menaces de représailles aux notables, qui cherchent à composer avec nous. Leur action s’exerce principalement au Sud, vers le Tazzarine, et à l’Est, sur le front du Regg que surveille Alnif. Comme les incidents se multiplient, l’aviation bombarde à maintes reprises les campements rebelles; on resserre, en outre, le blocus économique et on arme les tribus sûres. Pour en finir, le Commandement décide, au mois de février 1933, de régler la question du Saghro avant les dernières opérations du Haut-Atlas. C’est a priori une grosse affaire car ce massif aride, difficile, est mal connu; les pillards en ont fait leur réduit. Le groupement qui s’abrite dans le Saghro compte environ 800 familles, dont un millier de guerriers résolus, bien armés et pourvus de cartouches.

Les frères Hasso et Basso. Ou Basalem sont l’âme de la Résistance. La nature chaorique de la montagne est favorable à la défense; aussi, juge-t-on préférable de confier l’attaque à de fortes harkas soutenues par des goums, au lieu d’y employer des réguliers. Pour l’opération, on constitue deux groupements. Celui de l’Ouest aux ordres du général Catroux, à la composition suivante : 4.400 partisans, 6 goums et la milice d’artillerie de Marrakech, qui sont répartis en quatre harkas. Trois de celles-ci, sous les capitaines Lacroix, Barrieux et Spillmann, se massent respectivement au Nord, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest; la dernière, sous le capitaine Daumarie, qui dispose des canons, se tient en réserve vers lgoudmane. Le lieutenant-Colonel Chardon commande l’ensemble des harkas. Le groupement de l’Est, aux ordres du général Giraud, comprend une harka de 800 partisans et 1 goum, sous le capitaine Paulin; le groupe du lieutenant-colonel Tarrit, soit 1 goum, 300 partisans, 1 compagnie montée de légion, 1 compagnie de Sénégalais, la compagnie saharienne du Ziz, 1 escadron de spahis; le groupe du lieutenant-colonel Despas, fort de 900 partisans, 3 goums, 1 compagnie montée de légion, 1 escadron de spahis, 1 batterie de légion, 1 peloton d’auto-mitrailleuses.

Des dispositifs de barrage sont organisés au Sud, par le commandant Vincent, avec une demi-compagnie de légion, 1 escadron de spahis, 2 pelotons d’autos-mitrailleuses et des partisans. L’aviation met en ligne 4 escadrilles. Le général Huré, commandant supérieur des troupes, s’installe à Tinghir. Les harkas entament leur mouvement dans la nuit du 12 au 13 février. Au cours de la journée, il se produit quelques escarmouches. Un fort parti ennemi enlève des animaux à la compagnie de légion du groupe Despas; 6 légionnaires sont tués.D’autre part, un avion tombe chez les dissidents; l’équipage, comprenant le lieutenant observateur de Saulieu de la Chaumonerie, disparaît. Pendant l’avance du 15, le capitaine Lacroix a un vif engagement vers Tizi-n’Oulili; les partisans n’ont pas une attitude très ferme et les goums, qui les appuient, perdent des tués. Les harkas convergent vers la cuvette d’Imsaden en bousculant les insoumis; ces derniers se replient au cœur du massif dans le djebel Bougafer. De rares familles demandent l’Aman. Les 16 et 17, l’étreinte se resserre progressivement autour des réfractaires, mais leur résistance rend la manœuvre délicate; les assaillants arrivent d’ailleurs devant les formidables escarpements du plateau des Aiguilles, la partie la plus tourmentée de la montagne. Les difficultés apparaissent si grandes que le général Huré décide de prendre le commandement effectif; il forme deux sous-secteurs à l’Ouest et à l’Est, sous les généraux Catroux et Giraud.
Cela tourne à la guerre de tranchées; Hurée envisage de renforcer les supplétifs par des réguliers. A cette date, nous avons 11 réguliers et supplétits tués, 3 blessés, dont 1 officier.

Blocus

Durant la période du 18 au 28 février, on s’applique à rendre le blocus de plus en plus étroit; il en résulte l’obligation d’occuper certaines positions dominantes. Les avions exécutent des bombardements massifs sur les lignes ennemies. Le 20, les assiégeants prennent pied dans la zone sud-est du plateau des Aiguilles, puis, le lendemain, ils donnent un assaut général; malgré des efforts inouis, la journée se solde par des gains insignifiants. Le lieutenant-colonel Chardon est grièvement blessé. Comme la résistance de l’adversaire ne faiblit pas, les attaques du 22 n’ont également qu’un succès médiocre, néanmoins, l’encerclement est à peu près réalisé, le 23. Le jour suivant, les partisans du groupement ouest réussissent à atteindre le sommet du plateau; ils en sont rejetés et un nouvel assaut, lancé dans l’après-midi, échoue. Sur le front de combat, les nôtres sont tenus en arrêt. Au cours de la nuit, les dissidents essaient à leur tour de rompre le barrage à l’Ouest; cette tentative n’a pas de résultat. De leur côté, les forces françaises attaquent encore sans succès, durant la nuit du 21 au 25. Les assiégés sollicitent alors une trêve de vingt quatre heure, qui est accordée mais ils opposent ensuite un refus insolent à l’invitation de mettre bas les armes.

Une lutte acharnée

Cette lutte acharnée s’étermise, aussi le commandement prépare-t-il une attaque puissante, qu’il voudrait décisive. Celle-ci est déclenchée, le 28 février, à 7 heures, l’artillerie et l’avion battent violemment les objectifs. Mais, après une avance de quelques centaines de mètres, goumiers et partisans sont arrêtés par un feu très dense; l’ennemi les repousse en leur infligeant les pertes énormes. A midi, le général Huré donne l’ordre de rompre le combat; il se borne, dorénavant, à établir un cercle infranchissable autour de Bougafer considéré comme inexpugnable. Du 18 au 28, nous avons eu 11 officiers tués, le 21, le lieutenant interprète Alessandri, de la compagnie saharienne, le 22, le lieutenant Landon, des affaires indigènes d’Algérie : le 24 le lieutenant Bureau, des spahis; le 25, le lieutenant Timpagnon, des Sénégalais, le sous lieutenant Sieurac, des goums : le 28, les capitaines de Lespinasse de Bournazel, des affaires indigènes, Faucheux, de la légion, les lieutenants Le Chevalier, des Sénégalais, Poidevin, des traiteurs marocains, Binet, des affaires indigènes, Brincklé, de la légion.

Les auxiliaires sont tombés en grand nombre. Enfin, les pertes des réguliers s’élèvent à 51 tués, 2 disparus, et 83 blessés, dont 9 officiers.

Au début de mars, le blocus est organisé de façon rigoureuse. Tous les goums sont maintenus, ainsi que 1.800 partisans; les autres regagnent leurs villages. Plusieurs bataillons avec une forte artillerie entrent en ligne. Ce siège en règle gêne beaucoup les dissidents; leur ravitaillement devient impossible. Ils sollicitent donc une deuxième trêve, le 5, mais les pourparlers échouent.

Trois jours plus tard, le 8, on change le dispositif d’investissement; les canons et les avions harcèlent l’adversaire sans trêve. Cela amène quelques soumissions isolées, en revanche, la masse s’obstine à tenir jusqu’à la dernière extrémité. Les assiégés font un ultime effort de nature dans la nuit du 17 au 18; le barrage ne cède pas. Devant l’inutilité de la résistance, Hasso se résigne enfin à offrir une capitulation, le 24; le lendemain, il se présente avec les autres guerriers aux trois généraux réunis et Huré reçoit leur soumission. A ce moment, le groupe compte encore 2.949 personnes, dont 465 combattants. Entre le 1er et le 25, nous avons 1 régulier tué et 4 blessés.

Néanmoins, l’insécurité ne disparaît pas avec la chute du bastion dissident du Saghro. Moins de deux mois après, le 9 mai, le lieutenant du génie Bonnin, employé sur les chantiers de la piste, tombe dans une ambuscade; il est tué avec un des spahis d’escorte.

Puis, durant plusieurs années, les attentats continuent dans la région. Il existe, en effet, deux bandes d’irréductibles, l’une des Aît Moghrad, l’autre des Aït Khebbach, qui attaquent les isolés, surtout entre le Dadès et le Gheris, notamment au voisinage de Tinghir.

A diverses reprises, des Européens tombent sous les coups des Aït Moghrad.

Le dernier incident grave a lieu le 30 décembre 1935; trois de ces bandis pénètrent dans Tinghir, à la tombée de la nuit, et massacrent à coup de fusil quatre légionnaires attablés dans un café.

La poursuite échoue; 1 partisan est tué. Les supplétifs de Tinghir prennent une revanche, le 5 mars 1936; ils encerclent à Tadafalt, vers Taria, le chef de bande avec trois acolytes. Au cours de la matinée, ces auxiliaires enlèvent le ksar à la grenade; ils exterminent les quatre Aït Moghrad, mais perdent 3 tués et 1 blessé .